L'avocat a la défense de son client chevillée au corps.
Le médiateur se focalise sur la relation entre les parties et travaille avec elles à rétablir le dialogue.
Comme l’avocat, le médiateur ne se préoccupe pas de savoir qui a tort ou qui a raison.
L'avocat et le médiateur ont comme point en commun l’empathie. L’avocat offre de l’empathie afin que son client se sente reconnu dans ses besoins et s’ouvre avec confiance dans l’espace de confidentialité que permet le cabinet d’avocat, à l'instar du médiateur.
La médiation n’a rien de juridique bien qu’inscrite dans le respect de la légalité. Elle est soit judiciaire, soit conventionnelle.
Les points cardinaux de la médiation sont la confidentialité, l'impartialité l'absence de pouvoir, l'indépendance, la liberté, la neutralité, la responsabilité.
La médiation est un moyen de lutte, de combat non violent basé sur la rencontre de l’autre et la compréhension qu’on a des besoins de son adversaire pour sortir du conflit.
Le médiateur est un tiers neutre.
La médiation a vocation à repositionner la liberté des parties au coeur du processus en postulant que la solution est en soi et la liberté est présente avant tout. Elle part du postulat que la personne est acteur de sa vie et qu’elle est acteur de son litige et doit prendre son destin en mains.
L’écoute prend une dimension prépondérante dans la médiation; en s’appuyant sur l’écoute active, l’objectif est de faire primer l’avenir sur le passé conflictuel, à travers la solution singulière que les parties auront souhaitées.
La différence entre les hommes ne vient pas de la raison mais du fait que nous n’abordons pas les questions avec le même point de départ, la même tournure d’esprit, le même regard sur le monde, selon les caractères de chacun et la valeur que nous donnons aux choses, nous ne pouvons pas penser autrement que comme nous nous sommes construits; par conséquent, chaque homme a ses priorités, ses propres objectifs et ses propres valeurs, ce qui peut-être source de malentendus, d’affrontements.
L’objectif de la médiation est de chercher à connaître véritablement les besoins de chacun, ce qu’il y a de commun avec l’autre et ce qui les unit et ce qui les sépare pour que les parties en conflit construisent la solution à leurs difficultés.
Parfois, le droit et la justice peuvent être ressentis comme une violence physique et psychique pure, se traduisant par un aléa judiciaire ; quand bien même on gagnerait le procès, cela est un succès limité: si la solution est juste en droit, elle n’est pas nécessairement juste sur le plan humain et ça n’empêche pas de souffrir.
La beauté de la médiation tient à ce désir des parties de réduire la souffrance d’une situation conflictuelle et de pouvoir se dire librement « je décide d’agir dessus, je décide de résoudre tous les aspects de mon conflit ».
En qualité d'avocat formé à la médiation, j'invite mes Clients à réfléchir à l'opportunité d'une médiation, bien que toutes les situations ne soient pas propices à la médiation.
La médiation me parait particulièrement appropriée afin de prévenir un conflit naissant dans une relation qui a vocation à perdurer ( relation de travail, relation de voisinage, ou relation commerciale).
La médiation permet:
- d'éviter ou rompre l'escalade du conflit, et l'enlisement judiciaire,
- de traiter l'aspect émotionnel du conflit,
- offre la liberté de sortir quand on le souhaite de la médiation,
-offre une large créativité dans les solutions étant fondée sur la liberté des parties,
- de supprimer l'aléa puisque le Juge ne tranche pas et que l'accord est élaboré par les parties elles-même,
- la confidentialité des échanges,
- la rapidité indéniable par rapport à un procès: en moyenne, une médiation dure 3 mois,
- l'efficacité, si l'on considère que 60 à 70 % des médiation aboutissent à un accord,
- de limiter les frais: une médiation est moins coûteuse qu'un procès.
Orienter les parties vers la médiation peut se justifier par la volonté de gagner le mieux possible en dehors du procès en tentant d’obtenir le meilleur résultat possible: le plus à gagner et le moins à perdre avec une multitude d’armes en dehors de la sphère juridique.
Les parties peuvent arriver en médiation en ayant déjà enclenché un processus judiciaire, débuté un procès et cela ne compromet pas la médiation, les parties exposant à ce moment leurs prétentions et leurs demandes avec pour objectif d’aller au-delà du procès c'est-à-dire d’aller l’un vers l’autre, la médiation re-tissant un lien.
Même si la médiation diverge du procès, elle n’est pas nécessairement bienveillante et elle fait partie du contentieux dans la mesure où elle intervient autour de ce qui cloche avec une hostilité avouée, déclarée qui est extrêmement forte. Elle est partie intégrante d’un conflit, elle est aux prises avec le conflit dans le but de le dépasser.
Les parties viennent en médiation avec l’idée qu’il s’agit là aussi d’un moyen de lutte mais un combat non violent, c'est-à-dire qu’on lutte de manière efficace contre l’injustice avec des techniques de combat non violentes aux termes desquelles on trouve en toute hypothèse la loi comme limite à la transgression.
La visée humaniste de la médiation est précisément de sortir d’une situation violente par des outils de non- violence et cette visison présente à mes yeux un enjeu sociétal majeur.
Le médiateur intervient dans une relation qui n’est pas la sienne; il se met dans une situation périlleuse avec l'objectif de travailler à l’apaisement des relations humaines, en développant son empathie, en levant les malentendus et en favorisant la qualité et l’efficacité des échanges.
Chaque médiateur s’approprie la médiation avec sa propre personnalité, avec son propre bagage culturel, et avec son propre univers professionnel.
Le médiateur travaille avec les parties sur la relation humaine mais ne peut pas travailler sans elles pour qu'elles sortent de l’ornière.
La vocation du médiateur est de faire le trait d’union et de retisser le lien entre les parties en insufflant de la confiance dans le processus.